Nos actualités
On pensait les avoir définitivement mises de côté, classées… et jugées.
Les passoires thermiques semblaient avoir quitté le marché locatif. Et pourtant, elles pourraient bientôt faire leur retour.
Face à la tension persistante sur le marché du logement, un amendement actuellement examiné prévoit d'offrir davantage de souplesse aux propriétaires de logements énergivores.
L'objectif ? Remettre certains biens sur le marché sans renoncer à leur rénovation énergétique.
Le nouveau critère, vous l’aurez compris, c’est le potentiel.
Le bien ne serait plus uniquement regardé pour sa performance énergétique actuelle, mais aussi pour ce qu'il pourrait devenir après travaux.
Les logements classés G sont concernés par l'interdiction de location depuis 2025. Les logements classés F le seront, quant à eux, à partir de 2028.
Pour répondre aux difficultés d'accès au logement tout en poursuivant la rénovation énergétique du parc immobilier, l’amendement permettrait, sous certaines conditions, la remise en location des logements classés F et G, un potentiel de 700 000 logements.
La condition serait claire : le propriétaire devrait s'engager contractuellement à réaliser des travaux de rénovation énergétique dans un délai de 3 ans pour une maison individuelle et de 5 ans pour un lot en copropriété.
L'objectif reste inchangé : améliorer durablement la qualité du parc immobilier français mais sans réduire l'offre de logements disponibles.
Pendant longtemps, une seule question comptait : « Quelle est l'étiquette énergétique du logement ? ». Demain, une autre pourrait devenir tout aussi importante : « Que peut-il devenir après rénovation ? ».
Isolation, chauffage, ventilation, menuiseries… un logement classé F ou G peut disposer de plusieurs leviers pour améliorer sa performance énergétique. Mais encore faut-il savoir quels travaux privilégier et surtout, quel impact ils auront sur la future étiquette DPE.
C'est justement là que le DPE projeté entre en scène.
Moins connu que le DPE classique, le DPE projeté permet d'estimer la performance énergétique future d'un logement en intégrant les travaux envisagés.
Réalisé par un diagnostiqueur immobilier certifié, il s'appuie sur la même méthode de calcul que le DPE réglementaire (méthode 3CL) afin d'estimer la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre, une fois les travaux réalisés.
Le propriétaire peut ainsi mesurer l’impact d’un scénario de rénovation avant de réaliser les travaux et vérifier s’il permet de viser une sortie du statut de passoire thermique.
Le diagnostic ne constate plus seulement l’existant : il aide à décider comment rénover son bien.
Le DPE projeté n’est pas réglementaire, il ne peut servir pour la vente ou la location d’un bien.
Il concerne :
Les propriétaires souhaitant rénover un logement.
Il permet de :
simuler la future étiquette énergétique ;
évaluer des scénarios de rénovation ;
mesurer les gains énergétiques attendus ;
préparer son projet de travaux.
Il est réalisé par :
Un diagnostiqueur immobilier certifié.
DPE :
Évalue la performance actuelle du logement
Attribue une classe énergétique à l’existant
Informe sur l’état énergétique actuel du bien.
Le diagnostiqueur émet des scénarios de travaux.
DPE projeté :
Estime sa performance après travaux projetés
Estime la classe susceptible d’être atteinte
Aide à évaluer un scénario de rénovation, proposé par le propriétaire.
Savoir quoi rénover, c'est une chose. Pouvoir financer les travaux en est une autre.
Le DPE projeté peut également être utile dans le cadre de certains financements ou aides à la rénovation énergétique (prêts à taux zéro ou encore aides locales et régionales) lorsqu'il est nécessaire de justifier la performance que le logement devrait atteindre après travaux.
Si cet amendement est définitivement adopté, les propriétaires concernés disposeraient donc de davantage de temps pour engager leur rénovation, tout en permettant à certains logements de retrouver le marché locatif.
Les logements classés F ou G, longtemps perçus comme des biens à éviter, pourraient alors être regardés autrement. Une mauvaise étiquette énergétique resterait une contrainte, mais le potentiel de rénovation du logement prendrait toute son importance.
Et les passoires thermiques pourraient même redevenir séduisantes : non pas pour ce qu'elles sont aujourd'hui, mais pour ce qu'elles promettent demain.